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La Fabrique des Mobilités découvre une autre approche de l’innovation à Shenzhen

La Fabrique des Mobilités découvre une autre approche de l’innovation à Shenzhen

La Fabrique des Mobilités, association initiée par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) est une habituée d’inOut. Elle anime des communautés autour de l’innovation ouverte dans les transports. Son créateur, Gabriel Plassat, a proposé à ses adhérents (entreprises, grandes écoles, collectivités…), un voyage exploratoire à Shenzhen fin novembre 2019. Compte-rendu avec l’intéressé.

Une conception originale du concept de propriété intellectuelle

Ce qui a d’abord frappé les visiteurs européens habitués du milieu open source, c’est le flou entourant la propriété des idées et des produits. Shenzhen est devenu l’atelier technologique du monde. En plus des sous-traitants des mastodontes de l’électronique grand public, de nombreuses PME proposent ainsi  des services en marque blanche : contre le paiement d’une licence, n’importe qui peut apposer son nom et son logo sur un objet ou un composant. Dans cet environnement où tout va très vite, ce qui ne marche pas disparaît et ce qui fonctionne est adopté, copié et surtout utilisé comme une brique pour inventer quelque chose de nouveau. Pour Gabriel Plassat, « il s’agit d’une autre façon d’innover, les nouveautés deviennent des commodités à réemployer ».

trafic de nuit à shenzhen

Un concept de véhicule électrique original

Tout un écosystème de production de véhicules électriques légers à vitesse modérée s’est développé sur ce principe dans des villes chinoises, pour répondre aux besoins locaux. L’entrepreneur chinois David Li, a présenté cette histoire et son évolution actuelle aux explorateurs de la Fabrique des Mobilités pendant leur voyage. Cette forme d’innovation en commun, d’abord présente dans quelques provinces, a vite essaimé dans toute la Chine. En 2018, 2 millions de ces véhicules ont été commercialisés, « bien qu’ils ne soient pas homologués pour circuler », précise l’organisateur. Ce nouveau moyen de transport est abordable puisqu’on peut en trouver pour l’équivalent de 1 000 €, soit le même ordre de grandeur qu’un vélo électrique.

De l’inspiration pour le retour en France

Cette nouvelle façon d’innover a marqué les voyageurs. Elle permet également aux entrepreneurs chinois de commencer en adressant des marchés de niche, pour ensuite en cas de succès, viser les productions de masse. C’est ce qu’ils font avec les téléphones assemblés et vendus en Afrique. L’arrivée de l’Empire du Milieu sur les marchés technologiques émergents ne se fait pas que par les infrastructures et les géants comme Huawei. De façon tout à fait concrète, une première piste sera de réfléchir à l’importation du véhicule électrique léger à vitesse modérée avec l’envie de faire participer les communautés de la FabMob à sa construction et à sa médiatisation. Pour commencer, il faudra réussir à l’homologuer pour obtenir l’autorisation de rouler avec. Pour Gabriel Plassat, « il s’agit d’un véhicule de catégorie Quadricycle, l’homologation devrait être plus simple ».

vue aérienne de shenzhen

Nous avons hâte de suivre les expérimentations qui découleront de cette exploration chinoise et nous espérons en voir les premiers bourgeons à Rennes dès la prochaine édition d’inOut, du 14 au 17 mai 2020.

Pour aller plus loin, lire l’article sur ce voyage à Shenzhen écrit par Gabriel Plassat lui-même, sur le site de La Fabrique des Mobilités.