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Richard Stallman « hacke » inOut

Parmi les souvenirs marquants que conserveront les participants d’inOut, nul doute que l’intervention de Richard Stallman figurera en bonne place. Car entre son style iconoclaste, ses phrases choc, son éthique du hacker et sa vision du monde et des libertés, le pionnier du mouvement du logiciel libre a contribué à faire d’inOut un lieu de débats et de controverses sur les mobilités numériques.

Le logiciel libre selon Stallman : liberté, égalité, fraternité

 

Rares sont les orateurs d’un événement professionnel à intervenir en chaussettes, à mettre aux enchères une peluche pour financer leur mouvement et à placer à l’entrée de la salle de conférence un stand de produits dérivés, à la manière d’un groupe de rock garage. S’il peut se le permettre, c’est probablement parce que Richard Stallman est une « rockstar » de la communauté informatique et une voix qui compte quand il s’agit d’aborder les relations parfois tumultueuses entre technologies, société et libertés.

 

Initiateur du mouvement du logiciel libre, Richard Stallman développe dans les années 1980 le projet GNU, formant avec le noyau Linux le système d’exploitation libre GNU/Linux. En forme de clin d’œil à ses hôtes français, Richard Stallman résume en trois mots l’ambition de ce mouvement : liberté, égalité, fraternité.

 

Liberté, car selon Richard Stallman, le logiciel libre garantit à l’utilisateur de garder le contrôle de sa vie et de ses activités. Egalité ensuite, car le logiciel libre « ne soumet personne au pouvoir d’autrui ». Fraternité, enfin, car ce cadre encourage « la coopération entre les utilisateurs d’un programme ». Bravache, Richard Stallman lance d’emblée à l’auditoire : « tu crois que ton ordinateur t’obéit. En fait, il obéit à son vrai maître, qui autorise de temps à autre l’ordinateur à faire quelque chose pour toi. Il n’existe que deux options : soit le programme contrôle les utilisateurs, soit les utilisateurs contrôlent le programme ».

 

Plaidant pour la deuxième option, Richard Stallman explique que le logiciel libre garantit quatre libertés essentielles :

 

  • La liberté d’utiliser le programme comme on le souhaite, selon n’importe quel but,
  • La liberté d’accès au code source, pour pouvoir le modifier,
  • La liberté de faire des copies exactes du programme, pour les donner ou les vendre,
  • La liberté de faire des copies modifiées du programme.

 

Pour préserver ces libertés, Richard Stallman invite les usagers à refuser ce qu’il qualifie de « programmes privateurs » qui utilisent leurs données personnelles à des fins commerciales, politiques ou coercitives et supposent « de vouer une confiance aveugle au développeur et à l’entreprise, en l’absence d’accès au code source ». A l’inverse, le logiciel libre, « s’il n’est pas un système parfait » reconnait-il, repose sur « une base rationnelle de confiance et de respect des libertés, avec une communauté d’utilisateurs qui étudie régulièrement le code source pour faire des changements, corriger certaines erreurs et contrôler l’émergence d’éventuelles fonctions malveillantes ».

 

Pour voyager heureux, voyageons anonymes ?

 

Appliquant son raisonnement au domaine des mobilités, Richard Stallman considère que « dans la mobilité, l’un des plus grands dangers, l’une des plus grandes tentations, est de suivre les déplacements des voyageurs et de tracer leurs activités (…). C’est d’ailleurs ce que font certaines applications de transport, qui suivent les voyageurs avant et après le trajet ». Selon lui, le véhicule connecté ou autonome, qui se contrôle à distance est par définition « un véhicule espion » auquel il ne se confiera jamais.

 

Aussi, il défend l’idée de véhicules qui n’identifient pas les passagers, ne transmettent pas de données de déplacements et de systèmes de transports publics prévoyant une option d’anonymat. Comment ? « Même le meilleur des programmeurs ne peut seul remplacer l’ensemble des logiciels d’un véhicule connecté », concède-t-il, avant de poursuivre : « en revanche, la société mobilisée a le pouvoir d’exiger que ces logiciels soient libres et que le transport soit anonyme ».

Pour voyager heureux, voyageons anonymes ?

Publié le 19 mars 2018

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