Du 14 au 17 mai 2020
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Entretien : vers une Europe des nouvelles mobilités ?

Mercredi 14 mars, inOut accueillait une table-ronde intitulée « vers un marché européen des mobilités ? », réunissant élus, chercheurs et acteurs des mobilités des quatre coins du continent. L’occasion d’interroger Guillaume Toublanc, directeur général France d’EIT Digital, réseau européen d’innovation digitale, sur les conditions d’émergence d’une Europe des nouvelles mobilités.

Comment s’articule le marché européen des mobilités ?

Dans un marché comme celui des mobilités, il est important de s’ancrer dans le local pour aller vers le global selon la fameuse formule « act local, think global ». Chaque territoire peut élaborer ses solutions de mobilités, mais les acteurs économiques – grands groupes, start-up – ne peuvent déployer leur modèle économique qu’à travers une vision globale. Il est donc indispensable de construire une approche européenne et ouverte des mobilités, notamment en construisant des réseaux de villes et d’acteurs économiques. Chaque territoire a des besoins spécifiques, mais il existe un tronc commun de solutions de mobilités : au moins 80% d’entre elles sont applicables partout. Plutôt que de les réinventer à chaque fois, autant s’appuyer sur nos « actifs » européens.

Justement, quels sont ces actifs européens ?

Les projecteurs sont tournés vers les Etats-Unis et la Silicon Valley mais l’Europe a clairement une carte à jouer en creusant son propre sillon. Il  existe sur notre continent des préoccupations et des expertises fortes en matière de technologies, de santé, de qualité de vie ou d’environnement susceptibles de former une approche globale des mobilités. Par exemple, nous avons tout ce qu’il faut pour révolutionner la livraison du dernier kilomètre, des champions comme Navya dans la mobilité autonome ou Vulog pour la mobilité partagée…

Pour s’engager dans un projet ambitieux de smart mobility, faut-il être une grande ville ?

L’échelle du territoire compte mais c’est sa maturité qui est décisive. Pendant la table-ronde, le chercheur Marco Pistore présentait l’expérience de Trente qui n’est pas une grande ville (NDLR : environ 120 000 habitants) mais s’appuie sur un écosystème technologique vivace. De la même manière, Helsinki n’est pas une mégalopole mais fait figure de pionnière en matière de mobilités intelligentes. Les villes de taille intermédiaire – Helsinki, Trente ou Rennes – ont d’ailleurs un avantage : le processus de décision politique y est souvent moins entravé que dans les grandes capitales du monde. A terme, la révolution digitale touchera de toute façon tous les territoires, et nous obligera à faire cohabiter une logique « scale-up » et une logique « scale-down », pour diffuser partout les nouvelles solutions de mobilité.

Que reste-il à faire selon vous pour construire l’Europe des nouvelles mobilités ?

En trois mots : cohésion, compétences et ouverture.

Il faut renforcer la cohésion en matière de régulation, dont l’un des chantiers emblématiques est celui du Règlement général sur la protection des données (RGPD). Il est aussi nécessaire de consolider nos compétences ; c’est le sens des formations prodiguées par EIT Digital à ses étudiants, qui visent notamment à leur insuffler un esprit entrepreneurial. Il faut enfin miser sur l’innovation et les données ouvertes, comme le font la métropole ou Keolis à Rennes, utiles pour les grands groupes comme pour pour les start-up.

Nous avons toutes les cartes en main. Il nous faut simplement redonner sa place à une approche européenne, ne pas se focaliser sur les sujets d’hier mais investir ensemble les enjeux d’avenir parmi lesquels les nouvelles mobilités et la ville intelligente.

En savoir plus sur EIT Digital : www.eitdigital.eu

Publié le 18 mars 2018

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Du 14 au 17 mai 2020, rendez-vous à Rennes pour explorer les nouvelles mobilités.